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Tandis que des scènes de liesse saluent l’entrée des rebelles à Tripoli, l’on s’interroge. Cette victoire de l’opération «Sirène » signifie-t-elle la fin de la dictature ? Est-ce la victoire de la «démocratie importée » comme ce fut le cas en Irak ? Est-ce la victoire de l’Occident contre le monde musulman dans un énième épisode du clash des civilisations à la Samuel Huntington ? Est-ce la défaite du modèle de l’Etat dictatorial arabe, centralisé, oppresseur des minorités et incapable de sortir d’une conception pastorale du pouvoir ? Est-ce la défaite de l’Union africaine obligée de replier sa feuille de route devant les obus de l’Otan ? Est-ce la victoire des rebelles appuyés par les bombardements de l’Otan ? Est-ce la victoire des banques commerciales comme HSBC et des banques d’affaires comme Goldman Sachs qui devaient de sacrées ardoises au régime libyen ? Est-ce la victoire des grands groupes pétroliers comme l’italien ENI qui est revenu à Tripoli depuis ce lundi ? Est-ce la victoire d’une nouvelle conception de la philosophie incarnée par Bernard Henri Levi qui, tel un général d’armée, déclarait hier sur BFM TV, «qu’à l’heure où nous vous parlons, Tripoli est libéré ». Est-ce la victoire de l’UE face à un vassal docile mais souvent récalcitrant ? Est-ce la victoire des courants islamistes radicaux ? La défaite ou la victoire de l’AQMI ? Est-ce la victoire de la France qui redevient par la puissance du feu cette grande puissance de la Méditerranée engagée dans le projet de l’UPM ? Est-ce la victoire de la Grande Bretagne dont la caution morale évite de traiter cette opération d’une vendetta française pour venger l’honneur du locataire de l’Elysée ? Est-ce la défaite de l’Italie, ancienne puissance occupante, forcée à jouer les seconds rôles ? Est-ce la victoire du printemps arabe en perte de souffle depuis quelques mois ? L’on dira peut être que c’est la victoire du peuple libyen libéré du joug d’un homme qui aura règne 42 ans. Ça, l’on voudrait bien le croire.