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La révolution ne s'importe pas. En Tunisie et en Egypte, ce sont des jeunes parvenus à un certain degré d'évolution et de maturité  intellectuelle qui ont allumé le flambeau. Les partis politiques traditionnels se sont hissés sur la caravane en marche. Une telle révolution ne peut se passer que dans certaines conditions, quand le peuple a faim de pain et de liberté et n'a pas peur de braver la mort.
Autrement, nous tombons dans la vaine incantation, devenue une marque de fabrique pour une opposition passive et réduite à rêver d'un effet domino salvateur. Disons-le clairement, la Mauritanie n'est ni la Tunisie ni l'Egypte.
On a vu dernièrement l'opposition de la RDC appeler à une grande mobilisation porte de Nemur, en Belgique. Voilà un schéma qui nous rassemble. Hormis les conditions objectives non réunies pour une révolution, ajoutons les conditions psychologiques et mentales du mauritanien, qui a toujours soutenu le pouvoir, sans état d'âmes. C'est ainsi que les mêmes foules qui acclamèrent Ould Hanana le 8 juin firent des marches le 9 à la gloire de Ould Taya. L'une des conditions de la révolution est l'amour de la nation, le sentiment d'appartenance. Or, cela n'existe pas encore en Mauritanie.
L'appartenance tribale étouffe et retarde l'appartenance nationale. L'espace public n'existe pas, même pas à Nouakchott réduite en espaces villageois et tribalo-tribalistes opposés les uns aux autres. Dis moi de quelle tribu tu es ou de quelle ethnie tu proviens, je te dirai si oui ou non tu as aimé le dernier communiqué du RFD, le dernier conseil des ministres, le dernier résultat de l'appel d'offres de la route Sélibaby-Nouakchott, la dernière légion d'honneur de Maalouma, les déboires de Ould Horma, les mésaventures de Cheikhna Ould Nenni, les tribulations de la TVM, l'échec de l'attentat terroriste etc.... Ainsi va la Mauritanie.
M.S