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Des milliers de réfugiés maliens en Mauritanie

Les équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de la Croix-Rouge malienne se sont rendues ces derniers jours dans les zones de Ménaka, Aguelhoc, Tessalit, Niafunké et Léré, dans le nord du Mali, pour mener une évaluation et apporter une première assistance aux déplacés. Les combats entre l'armée et le Mouvement national de libération de l'Azawad, ont déjà provoqué la fuite de plus de 100 000 personnes. Plus de 60 000 se sont déplacées à l'intérieur du pays et près de 45 000 se sont réfugiées dans les pays voisins, notamment en Mauritanie et au Niger.

 

Du côté mauritanien, le HCR

Devant le commissariat de police près du camp de réfugiés à Fassala, dans le sud-est de la Mauritanie, un camion est arrivé transportant une vingtaine de personnes, quelques hommes plutôt âgés, mais surtout des femmes et des enfants. Le visage fermé, les traits tirés par la fatigue, ils attendent que la file devant le commissariat s’amenuise. Tous devront s’enregistrer avant de rejoindre le camp.

Sur des centaines de mètres s’étalent les tentes, pour la plupart faites de tiges de bois recouvertes de bâches ou d’une couverture. En dessous, certains ont déposé leurs maigres possessions, mais beaucoup ont tout laissé derrière eux. Ce sont en majorité des femmes et des enfants. Ils viennent de villes comme Léré ou Tombouctou. La plupart de ces réfugiés disent ne pas avoir vu de combats, mais traumatisés par les affrontements du début des années 1990, ils n’ont pas voulu attendre. Ils disent aussi avoir fui la faim car, avec les combats, les denrées se sont raréfiées et les prix ont augmenté. La nuit tombe, les braseros s’allument, les femmes pilent le mil.

Les autorités mauritaniennes ont réagi rapidement en ouvrant leurs frontières et en sollicitant le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). Un centre de santé a été ouvert. Une citerne effectue plusieurs rotations par jour. Les familles reçoivent ustensiles de cuisine et rations hebdomadaires. Un bataillon de gendarmerie sécurise le camp.

Mais voir sa population quadrupler en pleine sécheresse pèse sur les maigres ressources de la ville. Le camp va donc être bientôt déplacé à 18 kilomètres, à Mbéré qui possède plus d’infrastructures. Une nécessité d’autant que les réfugiés ne cessent d’affluer et qu’ils affichent leur crainte : être en Mauritanie pour longtemps.

Du côté Niger, le CICR

Actuellement, plus de 22 000 Maliens sont partis se réfugier au Niger, essentiellement dans la région de Tillabéry. La zone est déjà gravement touchée par une crise alimentaire. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de la Croix-Rouge malienne on fourni aide et assistance à quelque 17 000 de ces réfugiés. Certains restent toujours inaccessibles.

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