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Affaire Biram: l'esclave dans le rite malékite

Les exégètes de la jurisprudence malékite « ont échoué de se hisser aux valeureux principes que prône l’Islam » à en croire « les conclusions parfois bizarres » qu’ils avancent, écrit l’islamologue mauritanien Dr. Mohamed El-Moctar El-Shinqiti dans un article publié (en arabe) sur Alakhbar.

« Nous en citons deux exemples dans les recueils malékites. Le premier c’est le fait d’accorder peut d’importance au droit -garanti par la Charia- de l’esclave de s’affranchir de son maitre contre le payement d’une somme donnée (Moukataba). Le deuxième s’agit du refus d’égalité dans le droit à la vie entre l’esclave et le musulman libre », indique El-Shinqiti, un des théoriciens de la mouvance islamique un Mauritanie, actuellement coordonnateur de la recherche à la Faculté des études islamiques du Qatar.

Se référant à des ouvrages malékits, l’islamologue mauritanien, révèle parmi ces conclusions: «On ne tue pas un musulman libre qui tue un esclave » (Taj Wal Iklil Li Mukhtasar Khalil, tome 4 p 602)». «Si un musulman libre tue un esclave, il ne devra pas être puni pour son acte » (El Kharchi, Sharh Mukhtasar Khalil, tome 8 p 3). «Aucune sanction n’est prévue contre le maître qui commet un meurtre involontaire sur son esclave. (…) C’est facultatif de demander à l’assassin d’un esclave d’affranchir un autre comme sanction » (Ibn Rouchd, Bayane Wa Tahsil, tome 13 p 65)». «Si un esclave tu un musulman libre, ou se passe le contraire, l’esclave est par unanimité condamné à mort, mais l’homme libre doit seulement payer la moitié de la valeur de sa victime ». (Al-Kourafi, Zhakhira, tome 12 p 274). « Il n’y pas d’amande sur un qui tu un esclave ou un mécréant » (Ibn Juzei, Al Jawahir Al-Fighhiya, p 227).

 

«La politisation de l’incinération de livres Malékite et la conclusion précipitée cache l’enjeu que cette affaire porte sur l’avenir du pays et sur la cohésion sociale. Une réflexion approfondie dans l’affaire, nous définit les contours de la Charia de ceux de la jurisprudence islamique (loi islamique). La Charia émane de la révélation divine ; elle est juste, remplie de sagesse et elle défend l’intérêt général. La jurisprudence héritée quant à elle de la réflexion humaine et non de la révélation, peut, parfois, se monter injuste, dénudée sagesse. Cette jurisprudence résulte d’une fusion entre la compréhension des textes de la Charia et la tradition d’une époque préislamique », ajoute-t-il dans son article intitulé "L’histoire de l’esclavage dans les recueils Malékites".


«Il y a lieu de rappeler, avant le premier exemple, que c’est un captif pendant le jihad (guerre sainte) qui peut devenir esclave. Mais si nous nous référons au verset 4 de la Sourate Mohamed, l’armée musulmane n’avait initialement que deux choix face à ces prisonniers de guerre : soit les relâcher sans contrepartie, soit les libérer après payement de rançon. Pourquoi alors l’esclavage ? Rachid Rida, savant musulman, évoque la réciprocité qu’il justifie par le fait que des prisonniers musulmans étaient asservis. Et puis, dans le verset cité, elle n’est pas explicitement interdit aux musulmans d’asservir leur captifs. La raison en est que l’Islam apportait une réponse à la problématique de l’époque des impérialismes. Des milliers de femmes et d’enfants étaient sommairement exécutés, ravagés par la faim ou asservis. Il a opté pour le troisième choix afin d’intégrer ces femmes et enfants dans la société islamique leur donnant une nouvelle chance à la vie», indique-t-il.

« Cependant, cet état de servitude était temporaire, c'est-à-dire que l’esclavage a ensuite toutes les possibilités de décider son propre sort. Il s’affranchit. Il a le droit de s’auto-affranchir contre une somme qu’il donne à son maître. Même en cas d’indigence, il retrouve sa liberté et cette somme restera une dette sur lui. Et pour s’acquitter, il doit bénéficier du soutien des autorités et de la société. A ce propos, Oumar sanctionnait tout maître qui refusait de respecter ce droit de l’esclave. Malheureusement les recueils de la jurisprudence ont presque occulté ce volet de la Charia », déplore El-Shinqiti.

« La Charia, affirme-t-il, garantie l’égalité dans le droit à la vie entre l’esclave et le musulman libre. Pour preuve, référons-nous au verset 45 de la Sourate 5 où la Charia applique la loi du talion, sans distinction, sur le maître, l’esclave, le croyant et le mécréant. Mais selon les recueils de la jurisprudence malékite, l’esclave ne jouit pas de ce même droit à la vie que le musulman libre. Dans ces livres, on n’impose aucune sanction, ici-bas, contre le musulman qui commet un meurtre, même volontaire, contre son esclave », ce qui n’a rien à voir avec l’esprit de l’Islam.
(Al Akhbar)

Méga-anniversaire pour Ousmane Gangué

 

Ousmane Gangué, le lead vocal du Koodé Pinal,  va célébrer son deuxième anniversaire ce 11 mai à Mauricom .  Les fans se bousculent pour cet événément phare qui marquera la rentrée culturelle de la saison estivale.
  L'enfant du Fuuta veut offrir  à ses fans une soirée  teintée de surprises à travers un arsenal musical varié, en visitant son repertoire riche de ses rencontres et de ses voyages.
L'enfant de Rindiaw , passionné de Football, a pour défi de promouvoir la culture mauritanienne et de la relier au monde. D'où d'ailleurs  son choix d'élargir son horizon musical avec  des genres musicaux tels que l'Afro Beat, le Jazz, le Blues , l'Acoustic du M'balax.

Pour cet anniversaire, il compte offrir à ses fans  du M'balakh, du Wango et unetraversée musicale du  Fouta Toro.Ousmane Gangué partagera le plateau de Mauricom à travers un concert inédit dont l'animation sera assurée par Keb's THIAM animatrice TV du pays de la Téranga (Sénégal)

Fille, sois vierge et tais toi (Maroc)

Un ami m'a fait parvenir le poème d'une jeune Egyptienne qui ironise sur un homme qui l'avait emmenée, un jour, chez le gynéco pour s'assurer de sa virginité. La vidéo est disponible sur Youtube sous le titre de "test de virginité". Dans son texte, la jeune femme procède à une comparaison entre la virginité que cherche l'homme entre ses cuisses et la liberté qu'elle cherche, elle, dans et pour son pays. Le lexique employé est aussi éloigné que possible du corpus érotique (les cadavres des martyres, la justice, la liberté,…), mais la vidéo de Youtube ressort de nouveau la problématique de la virginité et de l'hymen dans nos sociétés.

 
Et de la même manière, l'affaire Amina Filali, cette jeune fille de Larache qui a récemment mis fin à ses jours après avoir longtemps enduré les affres de son mariage avec son violeur, devenu son époux par la force de la loi… cette affaire, donc, nous interpelle et nous rappelle notre arriération chronique dans la relation de notre société aux femmes et à leurs corps. Pourquoi donc Amina a-t-elle été mariée à son violeur ? Parce qu'il est le seul à pouvoir accepter son "infamie" après qu'il l'ait lui-même violée et déflorée. Ainsi donc, et comme par enchantement – un enchantement douteux –, Amina, la fille violée devient une femme souillée, "dépravée", perverse, inapte à devenir l'épouse de tout autre homme que celui qui l'a violée. Son viol devient son calvaire, à elle. Brusquement, cette jeune victime se retrouve responsable du déshonneur de sa famille, et de tous les autres membres de la tribu.
 
Bien, maintenant tentons de dépasser nos hypocrisies, et regardons la réalité en face. Amina n'est pas un cas isolé, loin de là… et nous le savons tous. Chacun de nous a entendu, au moins une fois, le cas d'une fille qui a été mariée à son violeur, ces épousailles étant la seule façon d'éviter le scandale du viol et l'opprobre publique qui lui est fatalement associée. Et dans la plupart des cas, la mère du "jeune marié" considère que "celle-là s'est foutue de son fils et qu'elle l'a pris dans ses filets, lui collant aux fesses…". Ainsi donc, selon cette logique, le violeur devient la victime de sa victime, qui "s'est foutue de lui". Et qui dit ça ? Une autre femme, qui s'instaure accusatrice de la fille violée pour la seule raison que le violeur est son fils.
 
Il me revient à l'esprit l'histoire de cette fille, que je n'oublierai jamais, qui a eu tant et tant à endurer de la part de sa propre mère. Cette fille avait été violée plus d'une fois, encore et encore, par un homme qui se trouvait être son père. Et lorsque la mère avait eu vent de la chose, elle avait dans un premier temps décidé d'attaquer son mari en justice, avant de se rétracter parce que… la fille était encore vierge. Le père sodomisait sa propre fille. L'hymen était donc intact et c'était le principal. Qu'un père sodomise ainsi sa fille de six ans, et plus d'une fois, devient une question de second ordre. Personne ne prête attention aux dégâts psychologiques de cette fille, à sa relation avec son père et avec son corps. Le plus important est cette petite membrane qui revêt alors, dans ces moments, plus d'importance que la femme elle-même. Une membrane qui vaut davantage que sa dignité, que son humanité, et que tous les sentiments bons ou mauvais qu'elle peut ressentir.
 
J'estime que de telles décisions, plus que maladroites, odieuses, prises par les proches des filles voilées sont encore plus abjectes que le viol en lui-même.
 
Nous demandons tous l'abrogation de cette loi qui permet au violeur d'épouser sa victime pour éviter la prison. Cette demande est aussi légitime qu'urgente ; mais nous avons besoin, aussi, d'une révolution des mentalités qui, au lieu de compatir à la situation des violées, les considèrent avec pitié car elles ont perdu "ce qu'elles ont de plus cher", qu'elles ont perdu ce qui fait d'elles des êtres à part entière… C'est cela la vraie catastrophe, c'est cela le vrai drame… Arrivé à ce stade, j'ai comme une envie forcenée de demander l'ablation chirurgicale de cet hymen, au moment de la naissance, car ainsi, le viol sera enfin considéré pour ce qu'il est, hymen ou pas hymen, virginité ou non. Car ainsi on cessera de considérer que la violée a perdu du fait de son viol ce qu'elle détient de plus cher en elle. Car ainsi, enfin, on oubliera de penser à ce que nous estimons être le plus important (la défloration) et nous regarderons en face ce qu'aujourd'hui, nous considérons être secondaire, le viol en lui-même.
 
Et puis, au-delà, quand donc pourrons-nous dépasser cette hypocrisie de l'hymen. Lors d'une étude de terrain sur les relations sexuelles avant le mariage, j'ai interrogé nombre de jeunes. Et à ceux qui ont dit qu'ils avaient déjà eu ces relations, j'ai demandé si c'était avec des prostituées ou avec leurs amies. Dans la plupart des cas où ces relations unissaient des couples de jeunes, la fille gardait sa "virginité". Et dans plusieurs autres cas, les jeunes hommes questionnés ont reconnu ne pas pouvoir épouser une fille non vierge. Bien entendu, aucun de ces jeunes ne s'est jamais demandé si sa future épouse, vierge, était la même que celles qu'ils avaient connues et qui était, aussi, vierges ; un de ces jeunes m'a dit : "Qu'elle fasse ce qu'elle veut, pour peu que je n'en sache rien". Un autre jeune m'a révélé que le plus important à ses yeux, c'est que sa future épouse prenne bien garde à ne pas toucher "à cet endroit". Qu'elle puisse, un jour, penser à un autre homme qu'elle a connu dans la passé importe peu ; comme il importe peu qu'un autre homme, avant le mari, l'ait "embrassée" et "visitée" ailleurs qu'à "cet endroit ". Le plus important, donc, ce qui compte, ce qui prime, c'est cette membrane magique, merveilleuse, dont la présence cache ces pratiques éventuelles passées que le mari ne saurait ni voir ni admettre.
 
Posons-nous un instant avec nous-mêmes et méditons : qu'une fille garde sa virginité ne veut absolument rien dire. Qu'une autre fille l'ait perdu et cela ne signifie pas davantage. L'honneur et la vertu ont infiniment plus de valeur qu'un hymen auquel la science a pu trouver une parade en mettant au point un produit dont la valeur varie entre 120 et 8.000 DH, en fonction de sa durée de vie. L'amour, la loyauté, les valeurs et la vertu, et toutes les autres nobles valeurs, ont plus d'importance que cet hymen pour lequel Amina est morte et à cause duquel mourront d'autres Amina.
 
Sana El Aji, journaliste marocaine et féministe engagée

En Mauritanie, arnaque et compagnie

Les formalités de sortie du Maroc se passent sans problèmes, on distribue de l'eau et des gâteaux pour détendre l'atmosphère. Un douanier nous demande si on a fait bonne route, je lui dis oui, et il me dit mais vous avez crevé! Je regarde : en effet, la roue est à plat!!! Merde, ça tombe mal, juste avant d'attaquer le désert, plus de roue de secours!!! Pas le choix de toute façon, il faut vider le coffre, enlever tous les 13 cartons, 200 Kg de livres pour pouvoir accéder à la roue de secours qui est évidemment dessous. Donc on commence à changer le roue : prenons le cric! Il ne me semble pas solide, et ça ne rate pas : le cric est pourri, il se casse sans réussir à soulever la voiture d'un centimètre!
Mais heureusement, deux 4*4 suisse allemands, qui viennent d'arriver au poste frontière nous prêtent leur cric : là, pas de problème, la voiture se soulève comme une plume, on répare, on rend le cric, et on repart sur les quelque mètres de goudron qui restent.
Donc au bout de quelque mètres, voilà, plus de goudron, bienvenue en Mauritanie, on roule à présent sur un simple chemin de cailloux, il est midi, le moteur chauffe énormément, je rage car j'ai négligé de faire la petite transformation au Maroc qui consiste à faire tourner le ventilateur du radiateur tout le temps à plein régime.

 

Finalement, on arrive près d'une carcasse de camions, là une dizaine de maures sortent de nulle part et nous assaillent de toutes part : ce sont des guides pour la plupart : ils offrent leurs services.
En fait moi je me suis fié à un avis que j'ai eu sur Internet comme quoi on pouvait faire la traversée du désert, c'est à dire rejoindre Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, sans guide, en suivant la nouvelle route en construction.
Donc on ne s'arrête pas et on continue le chemin, arrivés à un croisement, on prend la route de gauche, mais le moteur est tellement chaud qu'on est obligé de s'arrêter très vite. Et évidemment les guides rappliquent, nous disent qu'on a pris le mauvais chemin, on commence à négocier, ils fixent le problème de chauffage du moteur, enfin le moteur ne chauffe plus, c'est déjà ça

 

Donc après de longs palabres avec des maures, on a fixé le prix de 50 euros pour se faire accompagner mais on décide de partir tout seul et de se fier à l'avis que j'ai eu sur internet.
On prend donc congé des guides et on leur donne des jus et des gâteaux pour les remercier d'avoir résolu le problème de moteur.
Le but maintenant est de trouver le poste frontière de la Mauritanie, qui se trouve à 8 Kms de là, en empruntant la bonne piste!
Finalement, des gens nous renseignent au croisement ou nous nous étions trompés et nous partons donc sur la piste de droite, la bonne!!
Mais hélas, les pistes se mêlent et s'entrecroisent, la voiture, qui est très chargé, souffre, un camion suit une piste parallèle et nous fait de grands signes de le rejoindre, on essaye de le suivre mais il va très vite, on arrive pas à dépasser les 5 km/h, tellement la piste est défoncée, et tellement c'est dur de conduire dans ces conditions.
Après trois heures de route, on doute : est-on sur la bonne piste? Au loin, j'aperçois une petite cabane en pierre de 2mètres sur 2 : non, c'est pas possible, c'est pas ça le poste frontière!
Une fois arrivés, si si , c'est bien le début du poste, un policier en uniforme sort de la cabane, il vérifie nos passeport, puis nous dit qu'il faut continuer quelques mètres et derrière le promontoire rocheux se trouve le poste ou il faut faire les formalités d'entrée

 

Là-bas, c'est pareil, sauf que les bâtiments sont un peu plus grands, enfin pas tellement plus!
Je paye environ 15 euros pour la voiture, les douaniers inspectent le contenu de la voiture, ils veulent des livres : on leur en donne quelques uns.
Au poste, un guide, Abdelhaye, nous propose ses services, il nous assure que ce n'est pas faisable seul. Nous refusons, persuadés, vus qu'on a réussit à arriver jusque là, que le reste est aussi facile...ou difficile...
Donc on se fait bien expliquer la route par les gardes du poste frontière : "dans 200m au premier croisement, tu prends à gauche, ensuite tu fais 1km et tu arrive au deuxième croisement ou là aussi tu prends à gauche, puis tu fais 2 Kms et tu arrive au troisième croisement, ensuite tu continues et tu arrives en longeant la voie ferrée, puis le goudron n'est pas loin, tu le verras".
Bon ça a l'air simple, il faut toujours prendre à gauche!!!

 

Malgré l'insistance du guide, on part tout seuls, hum, premier croisement, à gauche, OK, deuxième, à gauche, troisième croisement, on hésite car la piste n'a pas l'air très bonne...bon on prend à gauche... avec tout ça le soleil comment à se coucher mais on est confiant, perdus au milieu de nulle part, avec personne à l'horizon. Et...
L'ensablement! Le premier : bon c'est pas très grave, mais dans un ensablement, si on ne fait pas les choses bien dès le début, ça empire...donc on ne prend pas de risque et on décharge tout les cartons... on est pas à un déchargement près!
Bon finalement on a réussit à s'en sortir, et juste au moment ou on a rechargé les cartons et qu'on veut repartir : un 4*4 à pleine vitesse arrive, nous frôle, j'aperçois le visage fier et arrogant du guide du poste frontière, Abdelhaye, ainsi que d'autres mauritaniens, le 4*4 s'arrête en faisant limite un frein à main.

 

Puis l'arnaqueur sort (Abdelhaye) et commence à dire qu'on est pas du tout sur le bon chemin, qu'il nous a cherché, qu'il nous a retrouvé car il a demandé à des gens se trouvant sur le bon chemin...bref
Tout est business ici, on se met d'accord avec l'arnaqueur Abdelhaye et il nous prend 20 euros pour nous amener jusqu'à la route. De toute façon on a pas le choix, il fait presque nuit et il faut qu'on le reconnaisse, on s'est complètement paumés!!
Le guide conduit ma voiture avec Lamine, moi je prends son 4*4, au moins c'est une petite compensation de ce que cet arnaqueur va nous faire payer. C'est plus agréable de conduire un 4*4 qu'une Mercedes sur une route défoncée.
Arrivés à la route, il fait nuit, c'est trop tard pour prendre la direction de Nouakchott, Abdelhaye nous propose qu'on rajoute 50 euros pour qu'on vienne dormir GRATUIT dans son auberge et que c'est mieux de partir demain matin très tôt pour qu'il nous emmène jusqu'au deuxième goudron.... Oui car en fait le goudron sur lequel on se trouve se termine très vite, il y a ensuite 100 Kms de pistes, 170 Kms de goudron en encore 150 Kms de pistes avant d'arriver jusqu'à Nouakchott. Moi je pensais qu'il suffisait de suivre la route en construction, que c'était facile, mais vus qu'on s'est paumés, ça prouvait que l'avis que j'avais eu sur Internet n'était pas bon.
Bon on est devant le fait accomplit, il fait nuit on est crevé on est sale, le guide profite de la situation, il est en position de force et il le sait bien : on est obligé d'accepter.
Donc nous voilà partit dans la direction opposée à la notre : on va à Nouadhibou (qui se trouve sur une avancée de terre) dans l'Auberge de l'arnaqueur, en fait il reste 1h 30 de route mine de rien.
Bon le soir Abdelhaye nous propose de changer des euros. M'étant fié à un avis sur Internet erroné (encore un!), je ne suis pas sûr du taux de change et il nous donne 300 Ouguiyas pour 1 Euro alors que c'est normalement 370-380 ouguiyas pour un euro.
En fait en Mauritanie c'est bizarre. En banque on donne 325 ouguiyas pour 1 Euro et on doit donner 340 Ouguiyas pour avoir 1 Euro MAIS...le problème est qu'il n'y a pas un pet d'euros en Mauritanie, et que c'est très difficile de s'en procurer dans les banques, c'est la pénurie! En fait les euros ne sont délivrés que aux gens en possession d'un billet d'avion pour l'Europe. C'est pour ça que le marché noir à un taux si bizarre, le taux est plus important que celui de la banque, que ce soit à l'achat d'Ouguiyas, ou à la revente, alors que ça devrait se situer au milieu de taux de la banque. Mais le problème de l'Ouguiya, c'est que c'est une monnaie qui reste dans le pays, elle n'en sort pas, elle n'a pas de taux officiel sur le marché international, c'est pourquoi au marché noir, on te donne 370 Ouguiyas pour 1 euro, par contre on va te demander 420 Ouguiya pour avoir 1 euro.

 

Bon bref revenons à nos moutons, le guide nous a arnaqués sur le taux de change, il est allé acheter une roue de secours 20 euros et je suis sûr qu'il nous a aussi arnaqués.
Bon finalement on dort bien dans son auberge d'arnaqueur, et au lieu de partir à 5h comme le guide nous a dit : on part seulement à 7h car le guide ne s'est pas réveillé (enfin, nous non plus d'ailleurs).

 

On est donc trois dans la voiture, Lamine et moi côté passager et Abdelhaye au volant. Bon il faut l'avouer, même si c'est un arnaqueur, c'est un pilote et on n'aurait jamais pu faire le voyage tout seul sans s'ensabler ou se perdre. Et ici gare à l'ensablement!!! On est dans le désert, ne l'oublions pas! Ici tout est business, des mauritaniens (dont Abdelhaye lui même) sont spécialisés dans le désensablage des ensablés! En fait ils sont à l'affût des gens qui s'ensablent, surtout les touristes et ils leur demandent des sommes exorbitantes (200 à 300 euros) pour les sortir de là. De toute façon c'est le désert, il n'y a personne aux alentours et les gens sont obligés d'accepter en général.
En parlant d'ensablement, il fallait bien que ça arrive. Voilà le cadre : "Abdelhaye le pilote", pilote, on a confiance en lui, mais il y a tellement de pistes que l'on s'y perdrait. C'est faux de dire que les guides connaissent le chemin par coeur, les pistes changent tous les jours, le vent souffle très fort dans le désert et une piste praticable un jour peut devenir ensablée et impraticable le lendemain. Les guides connaissent donc en gros le chemin, ce sont des bons pilotes et ils savent conduire dans le désert, c'est comme ça qu'ils s'en sortent car ils connaissent tous les pièges à éviter.
Mais en parlant de piège, Abdelhaye est tombé dans un piège : au début la piste était bonne, c'est plat, on roule très vite car sinon on s'ensable. En fait le désert c'est une alternance de pistes dures, et pistes moues (ensablées), mais en général, les sections ensablés sont assez courtes pour que, si on y arrive à fond, on puisse passer sans s'ensabler mais le problème c'est qu'on est arrivés à une section ensablée qui était très longue, petite faute d' Abdelhaye en rétrogradant et c'est l'arrêt, le sable dur est à quelque mètres seulement. Bon bref on est ensablés quoi...
Donc on sort de la voiture et Abdelhaye le pro du désert commence à déconner : on le sait très bien, lord d'un ensablement, si on fait pas les choses bien dès le début, ça empire, et c'est exactement ce qu'Abdelhaye a fait : il a voulu qu'on pousse seulement la voiture sans la décharger et sans utiliser les plaques de désensablement. Mais ça a empiré, on a ensuite déchargé la voiture, enlevé le sable sous les roues, réessayé alors que le travail était bâclé et c'était clair que la voiture n'allait pas sortir. Donc finalement la voiture n'avait plus de portance sur ses roues, à force de patiner dans le vide, elle reposait sur son bas de caisse. Le travail était encore plus important, des kilos de sable à enlever alors qu'il aurait fallu faire correctement le travail au départ.
Bref, moi je rigolais, Lamine rageait, disait qu'il avait pas payé pour enlever du sable. C'est vrai que Abdelhaye le bedaineux répétait sans cesse "c'est rien du tout ça!! Rien du tout, un tout petit ensablement on va s'en sortir sans problèmes, il suffit d'enlever le sable sous la voiture!" mais lui n'en foutait pas une. Il faisait semblant de travailler mais parlait plus qu'autre chose. Bon en plus un vent de sable se levait et il fallait se dépêcher car qui dit vent de sable dans le désert dit se blottir et attendre que ça passe. En fait le vent, ne s'est pas trop levé donc ça allait.
Finalement, Abdelhaye a dégonflé les pneus au maxi, on a bien enlevé le sable, je sais plus combien de tentatives on a fait mais c'était pas mal et on s'en serait jamais sortit tout seul.
C'est alors qu'un Mercedes 190 D sort de nulle part : 2 mauritaniens en sortent : entre mauritaniens ils ne se font pas payer quand même, le guide est assez connu dans la région.
4 bras en plus à pousser, ça paye, la voiture est sortie toute seule. Les 2 mauritaniens sont autant dans le pétrin que nous car leur moteur chauffe énormément et ils n'ont plus une goutte d'eau : on leur donne un bidon de 5 litres pour les remercier du service rendu : ça serait bien que ça se passe comme ça plus souvent : juste de l'entraide sans question d'argent, mais hélas ce n'est pas le cas tous les jours.
Bon bref on est sortit de l'ensablement au bout de 2h de temps, c'est bien mais il faut regonfler les pneus et la pompe est aussi pourrie que le cric : bonne à jeter, elle ne gonfle rien du tout.
Mais miracle un camion passe à 100m de nous et il à un compresseur, il suffit de le rejoindre pour se faire regonfler : c'est marrant la conduite sur le sable avec des pneus dégonflés.
Bon bref après avoir tout rechargé (les caisses plus tout le foutoir sur les banquettes arrière), on est repartit.
Là pas grand chose à raconter si ce n'est juste avant d'arriver au goudron, on aperçoit au loin une dizaine de voitures et camions immobilisés : je demande à Abdelhaye ce que c'est, il ne me répond pas il est concentré, crispé sur son volant, c'est une nouvelle dune qui n'était même pas là il y a une semaine, tous les gens qui sont arrêtés sont en fait ensablés. Abdelhaye fonce à 100 à l'heure, il fonce droit sur une voiture ensablée, mon dieu, on va se la prendre, on frôle la voiture, on passe a fond sans s'arrêter, il faut le vivre pour ressentir ce que ça fait, et finalement ouf, on sort de la dune sain et saufs et on atteint la partie dure. Je me retourne : tous ces pauvres mauritaniens sont tous ensablés, certains peuvent rester des jours comme ça. Abdelhaye nous parle : "c'est comme ça c'est le désert, on a pas le temps de s'arrêter pour les aider, personne n'a le temps, ils se débrouillent comme ils peuvent".
Bon voilà on arrive au goudron, on va bientôt quitter le guide, il essaye d'arrêter un 4*4 qui nous croise mais le maure au turban ne s'arrête même pas : il est pressé car il veut avoir l'argent de ceux qui sont ensablés.
Voilà, une fois arrivé au goudron, Abdelhaye rentre en action, il a parlé au camion qui nous a regonflé les pneus : la partie non goudronnée qui reste juste avant Nouakchott est dure soi disant, il y a du sable qui a recouvert la piste. Bon on rajoute 40 Euros jusqu'à Nouakchott.
Après ce qu'on a vu, on ne veut pas prendre de risques, on décide donc de payer.
Le restant du voyage se passe sans problèmes. En fait on aurait peut-être plus s'en sortir tout seul car les bouldozeurs venait de rouvrir une autre piste. C'est comme ça dans le désert, sur une multitude de pistes, une seule est bonne, mais il fait savoir laquelle, et ça change chaque jour. En plus de ça les pistes que les 4*4 peuvent emprunter ne conviennent pas aux berlines, il faut donc être vigilant et ne pas suivre un 4*4 en se disant que si il passe, on passe.

 

 

 

Voilà, une fois arrivé au goudron, Abdelhaye rentre en action, il a parlé au camion qui nous a regonflé les pneus : la partie non goudronnée qui reste juste avant Nouakchott est dure soi disant, il y a du sable qui a recouvert la piste. Bon on rajoute 40 Euros jusqu'à Nouakchott.
Après ce qu'on a vu, on ne veut pas prendre de risques, on décide donc de payer.
Le restant du voyage se passe sans problèmes. En fait on aurait peut-être plus s'en sortir tout seul car les bouldozeurs venait de rouvrir une autre piste. C'est comme ça dans le désert, sur une multitude de pistes, une seule est bonne, mais il fait savoir laquelle, et ça change chaque jour. En plus de ça les pistes que les 4*4 peuvent emprunter ne conviennent pas aux berlines, il faut donc être vigilant et ne pas suivre un 4*4 en se disant que si il passe, on passe.
Bon donc le voyage jusqu'à Nouakchott s'est passé sans encombres, rythmé par les contrôles de la police, de la gendarmerie et de la douane. On a donc encore distribué des livres mais certains abusent, ils prennent ça comme un dû et marmonnent à peine un merci.
Arrivés à Nouakchott, On devait faire 3 choses : Abdelhaye devait nous présenter un ami à lui qui tient une auberge et qui pouvait nous avoir des contacts pour vendre la voiture, on devait passer par l'auberge Menata car Olivia, la gérante nous avait réservé des billets d'avion pour le 1 octobre et on devait aussi faire le plein d'essence.
Donc nous en fait on était partit dans l'idée d'essayer de rentrer au Sénégal avec la voiture pour déposer les livres, faire un petit tour avec la voiture et puis revenir pour quelques jours en Mauritanie, juste le temps de vendre la voiture avant de rentrer en France, c'est comme ça qu'on voyait les choses.
Donc avec Abdelhaye, on est allé voir son auberge mais le patron n'était pas là, on est donc allés mettre de l'essence et là!!! Surprise on tombe sur le roi des arnaqueurs : Boubacar.

 

En mettant de l'essence, cette personne est intéressée pour acheter la voiture, nous dit de la suivre chez elle pour discuter des conditions d'achat, etc...
Donc on suit avec Abdelhaye et Lamine chez le bonhomme.
Arrivés chez lui il nous offre à boire, et on commence à parler de l'affaire.
Notre problème est qu'on doit aller au Sénégal ou plutôt essayer de rentrer au Sénégal et revenir dans 15 jours mais c'est vrai que l'on prend un risque car on ne sait pas combien de temps va prendre la vente de la voiture lors de notre retour en Mauritanie et si on à réservé les billets d'avion c'est prendre un énorme risque de perdre le billet... Donc la solution, c'est Boubacar qui nous la donne.
On est jeudi soir, Boubacar aura l'argent lundi 12 septembre, il nous achète la voiture 1800 euros, il nous loge gratuit jusqu'au lundi soir, on peut déposer tous les bouquins et les affaires chez lui et en plus il peut nous amener jusqu'à Sokone avec les livres en participant aux frais d'essence (50 euros).

 

Donc nous, on vient d'arriver du désert, on est fatigués, c'est une solution facile, on vend la voiture, on se débarrasse de ce problème là et ensuite on est au Sénégal et on repart du Sénégal.
Donc on est près à accepter mais on veut comme même voir Oliva de l'auberge Menata pour lui demander pour les billets d'avion si on peut les annuler et lui demander ce qu'elle en pense.
Mais finalement en arrivant à l'auberge Menata, Olivia n'est pas là.
On prend donc congé de l'arnaqueur Abdelhaye qui nous a dit qu'on pouvait avoir confiance avec Boubacar car il avait parlé avec lui avec des termes concrets de businessman mauritaniens.
Et on décide d'accepter la proposition du roi des arnaqueurs Boubacar.
Jeudi 9 septembre au soir on décharge donc tous les bagages chez lui il nous fait manger, je lui donne les clés de la voiture pour qu'il la gare.
Donc pendant la durée du séjour, il est aux petits soins avec nous, il nous nourrit, nous fait visiter la ville, etc…
Pendant ce temps il me demande mon passeport pour faire les démarches pour le dédouanement de la voiture, il me demande les clés car il dit qu'il faut garer la voiture dans un parking surveillé, il me demande la carte grise du véhicule. En clair la voiture est plus là, il se l'est accaparé, elle est déjà a lui et je n'ai pas encore l'argent.
A chaque fois que je refusais de lui donner quelque chose, il s'offusquait, me disait d'avoir confiance, que c'était un vieux, qu'il fallait avoir confiance…etc
On logeait chez lui, on ne s'est pas assez méfiés, c'est vrai qu'il n'aurait jamais fallu donner les clés sans avoir l'argent.
Arrive lundi, Boubacar prétexte des excuses. Le 4*4 qui doit nous amener jusqu'au Sénégal est en panne, il part le lundi soir pour le réparer qu'il a dit et ne passe même pas la nuit chez lui.
Bref finalement le mardi le 4*4 arrive, on charge les affaires et on est prêt à partir.
On a deux jours de retard, Lamine est dégoûté, il veut absolument partir au Sénégal, ça fait déjà 15 jours qu'on est partis et on est pas encore arrivés.
Juste avant de partir, je vois Boubacar avec une liasse d'argent en liquide, je lui demande alors mon argent : il me dit "attends! On va voir ça à Rosso".
Moi je lui fait toujours confiance, je suis quand même énervé contre lui car tout ne s'est pas bien passé comme prévu mais on part enfin, on a assez perdu de temps comme ça!
Finalement une fois arrivés à Rosso, l'arnaqueur nous met devant le fait accompli : un ami qui devait lui prêter l'argent est parti en Gambie la veille et il n'a pas tout l'argent. On rage.
Boubacar commence a compter l'argent, il sort des Ouguiyas alors qu'on a parlé en Euros, commence a vouloir nous arnaquer sur le taux de change : 300 Ouguiyas donne 1 Euro alors qu'il en faut 420.
Bref je gueule, je dis qu'on n'a jamais parlé en Ouguiyas, que je veux des Euros.
Bref finalement il n'a que 400 Euros, son ami revient de Gambie dans une semaine et il suffit qu'on revienne à Rosso pour récupérer le reste de l'argent.
Donc on parle des heures durant, je refuse les propositions de Boubacar, on s'est fait arnaquer et l'enfoiré nous met devant le fait accompli, on est à Rosso avec tous les bagages, on doit arriver au Sénégal, on est vraiment dans une situation délicate.
En plus on est pressés par le temps, le bac de Rosso va fermer et il va falloir attendre demain pour traverser.
L'autre solution, c'est de revenir à Nouakchott et attendre une semaine : impossible! Encore une autre solution, c'est de récupérer la voiture, mais Boubacar qui a déjà entamé les procédures et qui a soi disant fait des réparations nous demande 400 Euros pour la récupérer.
Bref la solution la meilleure, c'est d'accepter ce que nous dit Boubacar, mais il nous faut des garanties!!
Donc on cherche un commissariat à Rosso pour faire un papier devant la police comme témoin. Mais c'est tard, la police nous dit de repasser demain. Le 4*4 est déjà de l'autre côté au Sénégal avec le chauffeur, il a pris le dernier bac. Finalement, on ne fait qu'un papier entre nous pour l'instant en se disant qu'on en fera un au Sénégal (enfin ça n'aurait servi à rien car le problème n'est pas du ressort de la police Sénégalaise) et Boubacar nous laisse sa pièce d'identité.
En fait on le saura après mais il a fait une fausse signature et sa pièce d'identité n'était qu'une copie.
Donc on passe la frontière à 9h du soir et on paye les heures supplémentaires, tout ça à cause du temps perdu à essayer de résoudre le problème

 

Finalement on traverse donc, on fait les formalités et on part en direction de Saint-Louis, ou l'on dort.

 

Le mercredi 15 septembre on reprend la route. Pendant le trajet un policier nous arrête et fouille le chargement de livres, il nous dit que c'est illégal, qu'il faut un papier de la douane, que nous allons revendre tout ça au marché noir!
En fait cet enfoiré cherche des sous, finalement la seule solution est de le payer, Boubacar lui glisse 10 euros dans sa poche.
Et le policier n'a pas fini : il continue son jeu, nous dit que Boubacar est qqn de bien car il lui a dit qu'il nous a logé, etc… En clair le policier nous dit que nous sommes des trafiquants de livres au marché noir et que Boubacar est un ange, je crois rêver, cet enfoiré de policier fait du tord à son propre pays et il a le culot de la ramener…l'injustice est la pire des cruautés.

 

Finalement on arrive à Sokone (près de Kaolack) après une dure journée de route au Sénégal, on ne fait même pas le papier devant la police, on est découragés.
L'arrivée est joyeuse, Lamine n'avait pas prévenu qu'il arriverait, tout le monde participe au déchargement qui se fait en 1 mn, tout le monde est joyeux, tout le monde??
Boubacar va partir avec son chauffeur, cet enfoiré nous presse, on parlemente encore, car en fait on n'a aucune garantie qu'il va bien nous apporter l'argent dans une semaine. Finalement on garde le papier signé comme quoi il nous doit 1400 Euros et on garde sa pièce d'identité, seule garantie.
Le pire c'est que sur le moment, je ne suis pas encore persuadé à 100% de l'arnaque, je veux pas y croire car ça gâcherait le reste du séjour.

 

Finalement, après avoir parlementé, j'ai le choix entre repartir avec Boubacar à Nouakchott pendant une semaine pour attendre l'argent, comme ça je pourrais mettre la pression à Boubacar tous les jours et ne pas le lâcher d'une semelle, ou bien rester au Sénégal et aller récupérer l'argent à Rosso dans une semaine.
Bon je me dis que si je repars en Mauritanie, c'est vraiment la régression, je vais passer une semaine de merde, ça va tout gâcher.
Tan pis, je prends le risque, je fais une fois de plus confiance à Boubacar, de toute façon, je n'ai pas le choix, on est devant le fait accomplit, c'est nous qui avons fait l'erreur de lui donner les clés au départ, il faut assumer…
Donc voilà, on reste donc au Sénégal, je commence à découvrir, on part sur Dakar pendant 2 jours pour se renseigner sur les billets d'avion. On revient ensuite à Sokone.
Tout se passe bien mise à part le fait que l'on ne bouge pas beaucoup…
Bref arrive le mercredi, Boubacar doit me rappeler, il ne le fait pas alors je le rappelle, mais il me dit que son ami n'est pas revenu de Gambie et qu'il revient samedi, arrive le samedi, il me dit mardi, mardi il me dit mercredi, mercredi il me dit dimanche…bref, l'arnaque est là! Je suis donc obligé de remonter en Mauritanie résoudre le problème.
Pendant ce temps j'essaye de passer du bon temps au Sénégal mais c'est dur car je suis toujours obligé d'être prêt à partir à Rosso : eh oui, j'y ai cru jusqu'au bout…
Finalement je suis quand même parti pendant deux jours faire un tour en pirogue dans les îles du Saloum. C'est tout prêt de la Gambie, c'est très joli, l'endroit est assez peu habité, le seul moyen de locomotion est la pirogue.
Donc en revenant de ce petit voyage, on est jeudi 30 septembre, une semaine après le mercredi 22 septembre, date à laquelle Boubacar devait m'amener l'argent. Je décide donc de repartir en Mauritanie pour récupérer l'argent car je suis à présent persuadé que c'est la seule solution, qu'il faut faire cracher Boubacar.
Donc je prends la route le vendredi 1 octobre et j'arrive à Rosso le soir même. Là je contacte Mokhtar, le mauritanien noir qui nous avait dit de ne pas faire confiance à Boubacar lors de notre premier passage à Rosso. Lui est honnête au moins (du moins je le saurais très bientôt…), il m'écoute, m'aide à passer le frontière car je n'ai pas de visa.
Finalement on part ensemble à Nouakchott dans sa famille et il est résolu à m'aider à récupérer mon argent… Bon évidement il ne fait pas tout ça gratuitement, il devait se dire que si on récupère l'argent, il pourra avoir une commission.

 

Le lendemain, on fait notre petite enquête, on débarque chez Boubacar mais il n'y a personne, on va voir le magasin de sa femme au marché : on apprend qu'ils sont partis en week-end et qu'ils vont revenir très bientôt.
Finalement en revenant on croise, étrange coïncidence, Boubacar à une station service. Son visage se fige, il est surprit de me revoir, il ne s'y attendait pas. En plus on est avec le beau-frère de Mokhtar, un français qui travaille à Caritas.
Boubacar flippe un peu, il se demande qui est tout ce petit monde.
Mokhtar lui parle en Hassaniya, parlemente, bref. Boubacar nous ramène chez Mokhtar et dit qu'il va revenir à 18h avec l'argent. Je dis à Mokhtar de ne pas le laisser partir : il me dit de toute façon Boubacar est coincé, on sait ou il habite, ou travaille sa femme, etc.
Finalement on rappelle Boubacar pour lui mettre la pression.
Il rappelle peu après, dit à Mokhtar qu'il peut me faire plonger, essaye de nous faire peur. Et finalement, voyant que l'on ne rigole pas, il débarque peu après.
Il a pas l'argent mais nous montre un chèque et dit qu'il faut qu'il récupère sa pièce d'identité pour aller l'encaisser : encore une arnaque de plus : Mokhtar ne flanche pas.
On n'a à présent qu'une seule solution, amener Boubacar à la police…
J'ai peur qu'il se dérobe, qu'il n'accepte pas. Mokhtar et lui parlent en el Hassaniya et je ne comprends pas, j'ai peur de ses entourloupes. Mais après de longs palabres, Boubacar accepte de nous suivre et on débarque finalement à la police.
Une fois arrivés on explique chacun notre histoire. Tout le monde me dit de ne pas m'en faire, que je n'aurais aucun problème. Boubacar est connu de la police, c'est un arnaqueur professionnel, il a déjà arnaqué un américain qui lui avait vendu une remorque, un mauritanien qui lui avait vendu un camion et un autre mauritanien qui lui avait vendu des sacs de haricots…haha, quel passé.

 

Finalement, on nous donne rendez-vous le lendemain Dimanche au commissariat à 9h. Boubacar est surveillé pendant la nuit par un inspecteur.
Je suis confiant tout en ne l'étant pas, je n'ai plus aucune confiance en personne même si tout le monde me répète que la police va résoudre l'affaire.
Mais au fond de moi j'espère que le problème va se solutionner très vite car il faut que je rentre en France.
Le lendemain, on est auditionné par des inspecteurs. Boubacar se fait tout petit, il stresse, ne lâche pas son téléphone portable, compose des numéros à tout va…
Des membres de sa tribu sont présents.
Boubacar nie tout en bloc, invente des choses, dit plusieurs versions, c'est d'ailleurs ça qui va le perdre. Il dit qu'on l'a agressé au Sénégal pour prendre sa pièce d'identité, seule preuve qu'il nous doit quelque chose.
Finalement, j'ai plusieurs chances de mon côté : je suis étranger et j'ai un problème avec un mauritanien (les consignes sont strictes dans ce cas, c'est l'étranger qui à raison, l'état veut favoriser le tourisme et il n'a aucun intérêt à ce que j'aille me plaindre à l'ambassade de France), Boubacar est connu des services de police et en plus il est stressé et bafouille des versions de l'histoire différente.
Bref après de longues heures d'attente, le commissaire nous appelle et nous donne le choix : soit j'attends 15 jours et un membre de la tribu de Boubacar accepte de venir payer l'argent devant la police, ou bien soit on va devant le procureur mais ça risque de prendre des mois.
Je suis abasourdi, impossible d'attendre 15 jours, tout le monde me disait d'avoir confiance, que le problème se solutionnerait rapidement, je ne m'attendais pas à ça. Mais c'est toujours mieux que d'aller devant la justice qui est une procédure très longue.
Donc finalement on a accepté avec Mokhtar cette solution là, j'étais prêt à attendre 15 jours mais je me suis quand même arrangé pour que la police accepte que ça soit Mokhtar qui récupère l'argent seul, au cas ou je trouvais une solution pour partir avant.
Et cette solution, c'est le beau frère de Mokhtar qui travaille à Caritas qui l'a trouvée.
Lui se fait payer en euros. Pour avoir des Ouguiyas, il fait des chèques en euro à des commerçants ou à des banques, en échange de quoi il récupère des Ouguiyas.
La solution est simple, il récupère mes Ouguyas et il me fait un chèque en Euros dès la réception de l'argent par Mokhtar (qui garde quand même une commission pour le service rendu)…

 

Voilà, je suis donc maintenant tributaire de Mokhtar et de son beau-frère, espérons que ce sont des personnes de confiance. Espérons aussi que la police n'est pas corrompue…enfin ça on le verra dans une dizaine de jours maintenant.

 

 

 

On pourrait croire que l'histoire se termine là!! Eh bien non…
On est donc lundi soir quand Benoît, le beau-frère de Mokhtar me propose la solution de m'envoyer un chèque en euro en échange de mes Ouguiyas, mais il me faut à présent faire vite car le seul vol pas cher qui part de Dakar est vendredi 8 octobre à 13h et ça ne laisse pas beaucoup de temps.
En plus mon passeport est dans les mains d'un ami de Benoît qui doit me refaire un visa (en fait c'était dans l'optique ou je restais 15 jours de plus en Mauritanie).
Finalement la personne va faire galérer jusqu'à mercredi soir pour me rendre le passeport sans même avoir fait le visa.
Donc je pars le mercredi soir à Rosso, je dors chez Mokhtar pour attendre l'ouverture du bac le lendemain matin et je me mets en route pour Dakar.
Je stresse car il faut arriver à Dakar avant 18h pour aller acheter les billets d'avion.
Finalement, j'arrive à temps, il reste encore des places, ouf. Il me reste qu'à récupérer les billets le lendemain à 8h.
Lamine est encore à Soukoune, il doit arriver le lendemain matin.
Moi je n'ai même pas eu le temps de revenir à Soukoune dire au revoir à la famille et faire mes bagages.
Le soir je dors chez le cousin de Lamine, Alioune. Le lendemain ça va être juste, il faut aller acheter les billets, faire tous les achats, puis faire les bagages avec mes affaires que Lamine doit ramener de Sokone.
Donc le lendemain, je vais chercher les billets, tout se passe bien, je fais les achats de dernière minute, Lamine doit être arrivé, tout va bien se passer, ça va être juste pour l'avion.
Donc on revient à 11h30 chez Alioune, un autre cousin nous dit que Lamine est partit je sais pas ou, il est allé au marché…Je deviens fou!! On doit arriver dernière minute à 12h00 à l'aéroport, je fais donc les bagages en speed, il est 11h 46 minutes et Lamine est toujours pas revenu!!! On doit partir tant pis, je dis à son autre cousin de lui dire de sauter dans un taxi dès qu'il revient.
On part donc à l'aéroport avec Alioune, j'enregistre mes bagages, je ne peux pas enregistrer ceux de Lamine car il doit le faire en personne. Bref je stress, j'attends jusqu'à 12h30, finalement, plus possible d'attendre, Lamine n'est pas là, je prends donc l'avion sans lui…
Il a raté l'avion, il a cru que ça se prenait comme un train ou quoi???
Pendant le voyage, je rage, c'est le pot aux roses, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, le voyage s'était déjà assez mal passé.
Bon bref, en fait Lamine croyait que je n'avais pas acheté de billets, alors que je lui avais téléphoné le jeudi soir et que je lui avais dit que j'irais les retirer le lendemain. C'est pour ça qu'il ne s'est pas pressé…Mais heureusement, il a réussit à prendre un vol de la même compagnie, qui, au lieu d'arriver sur Marseille, arrivait sur Bordeaux…OUF, ça limite la casse sachant que le billet n'est pas remboursable, et que Lamine avait eu sa rentré depuis 4 semaines déjà…

 

Donc voilà, fin de l'histoire, j'en garde un très mauvais souvenir pour l'instant, mais je pense qu'avec le recul je vais l'apprécier.
C'est avec les erreurs qu'on apprend de toute façon, au bout d'un certain temps, tout est bon dans la vie : les bonnes choses, comme les mauvaises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source

 

http://france-mauritanie-senegal.xfou.com/?Page=-1

 

L’esclave parti du Fouta Toro aux Amériques

Il était une fois Omar Ibn Said, né  en 1770 dans les vallées riantes du Fouta Toro et mort en 1864 en Amérique, l’année même où El Haj Omar Tall se soustrayait aux yeux des mortels dans les grottes de Hamdallaye (Macina) à la suite d’une longue et interminable bataille qui vit les griots désœuvrés, épouvantés par le spectacle des rivières de sang, composèrent le «Tara ». C’est alors que le Fouta pleurait son calife que, quelque part, des marchands d’esclaves, capturèrent Omar Ibn Said. Issu de l’aristocratie locale, Omar avait  fait ses classes à l’école coranique. Pendant 25 ans,  il s’y efforcera ainsi que de nombreux talibés à marteler la langue du «Daadûn ». Mais en 1 807, il est capturé par les négriers, jeté dans la cale d’un bateau en partance pour l’Amérique pour un aller simple sans retour. Omar Ibn ne reverra plus jamais les siens.  Il ne verra plus le spectacle du coucher de soleil sur une berge riante.  Il débarque en Caroline du Sud puis fut conduit comme bête de foire  à Fayetteville en Caroline du Nord. Il sera revendu comme un sac de patates à James Owen. Sa personnalité et son refus de l’abêtissement le feront remarquer auprès de ses maîtres qui le surnommeront Oncle Moreau, ou encore le Prince Omeroh. Selon les témoignages, il se convertira au christianisme le 3 décembre 1820. D’autres chroniques diront qu’il est resté musulman pieux, comme une dédicace consacrée au prophète retrouvée dans sa bible.  Une  carte datant de 1 857 dans laquelle il avait transcrit la sourate «An-Nasr » tend à démontrer qu’il est resté musulman jusqu’à la mort,. En 1991, la mosquée de Fayetteville en Caroline du Nord fut rebaptisée «Msjid Ibn Said » en son honneur. Si vous êtes de passage aux USA, rendez hommage à Omar Ibn Said.

 

Omar Ibn  Said laissera 14 manuscrits en arabe gardés jalousement en Caroline du Nord. Son autobiographie datée de 1831 le révéleront aux yeux de l’Amérique esclavagiste.

 

 

 

 

 

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